Quand l’économie met à mal l’écologie

Clara Arnaud, écrivaine voyageuse est autrice de La Verticale du fleuve. A l’occasion de la projection du thriller social Rouge, elle participe, ce dimanche 3 octobre, à une table ronde sur les conflits d’intérêts qui opposent les enjeux économiques aux enjeux écologiques. 

« C’est un dilemme qui nous traverse tous lorsqu’on a une conscience écologique ». Ce dilemme entre l’écologie ou l’économie, Clara Arnaud, autrice de La Verticale du fleuve publié aux éditions Actes Sud, le met au cœur de son roman. Elle ne refuse pas la modernité, elle la questionne : « Je ne vis pas dans une caverne, éclairée à la bougie donc à partir de là, qu’est-­ce que je fais ? » Son dernier roman évoque l’assassinat d’une militante écologiste issue d’un peuple indigène du Honduras. Elle est tuée parce qu’elle s’oppose au projet de construction d’un barrage qui menace de suspendre les ressources en eau de la population hondurienne locale. Dans le livre, le problème est que ce barrage est justement construit pour diminuer la part des énergies fossiles au Honduras. Cette histoire fictive illustre le destin de nombreux autres militants à travers le monde. « Dans le roman, je ne cherche pas à dénoncer les méchants et les gentils » précise la romancière. « En Amérique Centrale, où j’ai vécu pendant 4 ans, l’hydroélectricité est la principale source d’énergie ». Cependant l’impact environnemental et social n’est pas nul : « Il y a des dommages irréversibles. On modifie le cours du fleuve, on modifie la composition du PH de l’eau, on ratiboise des forêts ». 

Un conflit générationnel

En lien avec ces questions fondamentales, Rouge, le dernier long-métrage de Farid Bentoumi, prend la forme d’un drame où les convictions de chaque génération s’entrechoquent. Le film raconte l’histoire d’une jeune infirmière embauchée dans une usine de produits chimiques où travaille son père. Elle devient la lanceuse d’alerte d’un scandale sanitaire, social et environnemental. Nour, la protagoniste, doit faire un choix entre les siens, qui survivent grâce au travail dans l’usine familiale, et son éthique personnelle. Elle en vient à parler de la pollution engendrée par l’entreprise à une journaliste. La table ronde à laquelle participe Clara Arnaud aura à débattre de ces logiques apparemment inconciliables. 

Raphaëlle HUTIN

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