La littérature jeunesse, à l’avant garde des enjeux de société

La littérature jeunesse, à l’avant garde des enjeux de société

A l’occasion de la 34e édition du festival du livre de Mouans­Sartoux, quatre auteurs jeunesse, Timothée de Fombelle, Vincent Villeminot, Natacha Henry et Philip Le Roy présente leur vision de la littérature jeunesse. Tous évoquent des sujets sérieux et actuels comme l’écologie ou le féminisme. 

La littérature jeunesse a longtemps été associée à un univers naïf et insouciant. Quatre auteurs jeunesse, invités du festival, imaginent des œuvres plus lucides, parfois graves. Natacha Henry évoque son engagement féministe à travers son dernier livre L’affaire des fées de Cottingley. « Mes personnages sont toujours des jeunes femmes qui ne sont jamais seules, mais je fais bien attention à créer une égalité entre elles et les personnages masculins, qui sont décrits de manière positive. C’est ce qui reflète mon combat. » 

Raconter la traite des esclaves 

Pour Timothée de Fombelle, c’est à travers le récit de la traite des esclaves qu’il met en avant sa lutte pour la liberté et l’écologie. Une « obsession » qui lui vient d’un voyage en Afrique. « Sur les côtes du Ghana, j’ai découvert des êtres humains avec des vies, des passés, des amours. Ça m’a beaucoup touché. » Pourtant, il affirme avoir eu beaucoup de mal à transmettre cette sensibilité dans ses intrigues. « Ça a été difficile, parce qu’il fallait énormément se documenter pour être le plus juste possible auprès des jeunes. J’étais sans cesse plongé dans des archives en tout genre. » 

Des romans d’initiation

Pour d’autres, l’enjeu est de se faire entendre par les jeunes générations. « Je voulais récupérer les jeunes fascinés par les films d’horreur comme Conjuring ou The Nightmare », explique Philip Le Roy, écrivain spécialisé dans le genre horrifique. « J’essaie de les captiver en abordant des thèmes qui les préoccupent aujourd’hui comme la sexualité, la pollution, les réseaux sociaux, le tout en essayant de donner une certaine émotion. » Pour l’aider à attirer l’attention de ses lecteurs, l’auteur de 59 ans fait appel à sa fille. « Je lui fais souvent relire mes écrits, pour qu’elle me donne des conseils, pour que je sois dans la bonne tonalité. » Pour le romancier Vincent Villeminot, « les jeunes aiment découvrir des personnages de leur âge, qui sont dans une situation qu’ils ont connue : le premier amour, le premier enfant…. La littérature jeunesse relève aussi de l’initiation. ».

Dylan VANDEVOORDE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.