Écrire au féminin : contribuer au combat féministe ?

Écrire au féminin : contribuer au combat féministe ?

Deux écrivaines, Salima Tenfiche et Sylvie Crossman, témoignent de leur contribution à la lutte féministe par leurs écrits. Elles dressent des portraits de femmes puissantes pour nourrir les femmes et les hommes

“Avec l’imaginaire, on conquiert beaucoup de choses”, c’est ce qu’affirme Sylvie Crossman, auteure et éditrice des éditions Indigène. À travers ses histoires, elle met en avant des femmes puissantes et qui proviennent d’autres cultures. Dans son dernier roman, Sœurs de peau, Sylvie Crossman retrace la vie d’aborigènes d’Australie qui vivent dans des camps de femme. “C’est du féminisme en pratique. Et ces femmes m’ont nourrie dans mon histoire et dans ma littérature. Elles m’ont redonné confiance en moi et m’ont permis de renouer avec mon imaginaire.” Récemment, l’écrivaine a aussi édité le coffret Femmes, où en êtes-vous ?, qui fait le point sur l’évolution de la cause féministe. “C’est au travers de ces ouvrages que je suis engagée, c’est mon lien au combat.”

Une transition littéraire

Beurettes, un fantasme français est un recueil d’expériences collectées par Salima Tenfiche et Sarah Diffalah. Dans leur ouvrage, les deux amies racontent la violence sociale à laquelle sont confrontées les femmes arabes. “On voulait parler du sentiment de honte qu’on a ressenti dû à notre pluriculturalisme et notre identité de femmes arabes et expliquer le fonctionnement des discriminations qui se font au sein de la société française.”

Selon Salima Tenfiche, comme pour les personnes arabes, “les femmes ont un statut politique disqualifié ; on doit leur redonner de la force par la lutte féministe et la littérature est sûrement plus efficace que les débats politiques pour cela”.

Si Salima Tenfiche parle de femmes, elle ne veut pas que les livres écrits par des autrices ne soient réservés qu’à un lectorat féminin. La revendication reste importante : “c’est une transition, certes, on a besoin de dire qu’il y a des femmes qui écrivent, mais la littérature écrite par des autrices s’adresse aux femmes et aux hommes”.

Jessica GRANATO
Photo Jessica Granato

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