Marie-Louise Gourdon : Une vie au service de la culture

Marie-Louise Gourdon : Une vie au service de la culture par Gregoire BOSC-BIERNE 2 octobre 2015

La commissaire du festival se retourne sur 28 années de culture

« Quand je suis entrée, j’ai ressentie une émotion, un éblouissement ». Tout part d’un flash, une rencontre qui peut sembler insipide entre une petite fille et une bibliothèque lors d’une sortie scolaire. Subjuguée par la magnificence des ouvrages alignés sur les étagères, l’écolière le sait : elle dévouera sa vie à la littérature. Le destin est scellé, et de cette trouvaille est née l’histoire du festival du livre de Mouans-Sartoux, que cette petite fille créera des années plus tard.

« Toute ma vie est consacrée à la culture » songe Marie-Louise Bourdon, la commissaire du festival du livre. Depuis 32 ans qu’elle est adjointe à la culture de la ville et presque autant d’années qu’elle coordonne l’organisation de l’événement phare de Mouans-Sartoux, elle a su diversifier son offre culturelle et crée une dynamique. « On a procédé par petites vagues. A la base, c’était un festival dédié au livre. » rappelle-t-elle avant de poursuivre : « On s’est naturellement ouvert sur les débats et rencontres puis progressivement, on s’est appuyé sur la musique, le théâtre, le cinéma qui sont des arts dont l’écriture est littéraire ». Néanmoins, pour continuer à avancer, elle reste focalisée sur la qualité de l’ensemble plutôt que sur la quantité : « la dynamique ne repose pas sur le nombre de visiteurs, mais sur les débats et réflexions qui sont portés ».

Un festival d’idées

En 28 éditions, elle a vu défiler un festival d’idées avant-gardistes, portées par des auteurs, des activistes, des réalisateurs de films, des danseurs ou des chanteurs. « Il y a cinq, dix ans, on était des défricheurs de certaines idées. Et aujourd’hui, elles sont adoptées, elles font partie du quotidien » s’enthousiasme-t-elle. Sans vouloir apporter de réponse à des thèmes globaux, elle pousse à s’interroger sur la condition humaine, et les sujets qui la bouleversent. Bref, que la culture élève nos réflexions sur le sens des enjeux contemporains, qui nous touche tous de près ou de loin. Lucide, elle conclue : « Nous avons un projet culturel, on n’est pas là pour faire des affaires ».